Crédit photo © Nicolas Lalau

Le Cefir participe depuis 1975 au vivre ensemble à Dunkerque et dans la région Nord – Pas de Calais.

La forme et les projets de l’association issue de l’Immigration, ont évolué durant les quatre dernières décennies, mais l’esprit perdure.

Sur le terrain, le Cefir est avec ses partenaires un interlocuteur pour les personnes d’ici et venus d’ailleurs.

 

 

Les migrant(e)s au cœur du projet associatif

A sa création, le Cefir – anciennement appelé Rencontre – ouvre un espace de dialogue pour les migrant(e)s arrivé(e)s sur le territoire dunkerquois. Portugais(es) venu(e)s reconstruire la ville après la guerre, Maghrébin(e)s venu(e)s pour travailler dans la sidérurgie, Turcs (Turques) venu(e)s construire  la centrale de Gravelines, ces personnes ont trouvé à travers l’association le moyen de participer à la vie locale.
La socialisation informelle, l’éducation non formelle, l’alphabétisation, la rencontre interculturelle, sont autant d’outils en faveur des individus. Le Cefir invente un modèle qui fera ses preuves sur le terrain. L’accompagnement social et administratif se complète par un espace de parole que seront une revue intitulée Rencontre (publiée en plusieurs langues) et ensuite une radio locale portant le même nom.

Le Cefir invente un modèle qui fera ses preuves sur le terrain.

Donner un statut aux jeunes, laisser mûrir leurs projets, valoriser la double culture, vérifier la viabilité, c’est ce que ces programmes ont proposé.

La diversification des dispositifs

En développant une palette d’activités et d’offres, l’association se professionnalise.
L’objectif est alors d’offrir aux migrant(e)s et à leurs enfants une possibilité de formation pour garantir leur place dans la société. L’Institut de Formation et de Coopération, qui a obtenu le Prix Européen Emile Noél en 1988, ou le programme Cré’action, s’inscrivent dans ce sens. Donner un statut aux jeunes, laisser mûrir leurs projets, valoriser la double culture, vérifier la viabilité, c’est ce que ces programmes ont proposé. L’insertion socioprofessionnelle devient alors un élément au cœur de la stratégie du Cefir.
A ceci s’ajoute le logement. En travaillant sur la manière d’habiter, l’association se focalise sur un autre élément du vivre ensemble : proposer des logements locatifs à prix modestes contribue à la mixité et proximité sociale. Les individus peuvent alors se développer dans un environnement de reconnaissance et de valorisation.

« Ecouter pour mieux s’entendre » : la radio au service de l’expression de tous

Radio Rencontre n’est pas la radio du Cefir : elle prolonge son action. Depuis 1982, cette radio associative est un instrument d’expression pour ses bénévoles et ses auditeurs : accueil des migrant(e)s, intégration, lutte contre les discriminations, mais aussi musique et débats. En développant une programmation alternative, en langue française mais pas uniquement, Radio Rencontre réussit à divertir tout en tissant des liens sociaux et culturels.
L’appel à la prière lors de la rupture du jeûne du Ramadan, le journal de RFI (première radio associative à diffuser le journal de RFI), de la musique italienne ou des caraïbes, autant d’éléments qui font l’identité de cette radio. Chacun(e) se retrouve dans la programmation qui continue à s’adapter aux nouveaux modes d’écoute.

Crédit photo © Hannah Keyser

Le franco-allemand comme ouverture sur la Méditerranée

 En 2000, le Cefir reçoit l’agrément de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) et devient un de ses relais dans la région Nord – Pas de Calais. Entre la politique interculturelle de cette institution et la démarche de l’association, les parallèles sont multiples. Le Cefir parvient alors à « ouvrir son terrain » : les échanges de jeunes Français et Allemands, l’ouverture aux projets tri nationaux avec la Pologne ou d’autres pays européens en sont un élément. Autrement dit, le Cefir utilise les langues et l’échange comme un facteur de cohésion.
L’association profite également des méthodes et des fonds spéciaux de l’OFAJ pour promouvoir la coopération avec la Méditerranée. Le Cefir a, depuis sa création, des liens forts avec cette région, en particulier l’Algérie et les régions d’Oran et de Tiaret, d’une part, le Maroc et la région de Fès, d’autre part. Les projets de mobilité de jeunes apportent l’expérience franco-allemande sur ce territoire. En parallèle, le travail mené dans le cadre de différents projets, stimule la créativité et le désir d’innovation des jeunes des diasporas maghrébines. C’est notamment le cas de Maghrib Entrepreneurs.
Faire confiance à la jeunesse, c’est le pari que fait le Cefir en organisant, par exemple, une formation franco-germano-maroco-tunisienne à l’animation de rencontres interculturelles. Comme un écho à ses dispositifs antérieurs, l’association propose les outils de dialogue et de rapprochement d’un espace euro-méditerrannéen.

40 ans : Défendre et renforcer la citoyenneté et la solidarité euromaghrébine

En 2015, le Cefir fête son quarantième anniversaire. Comme une piqûre de rappel, les évènements derniers et la situation du monde donnent au travail de l’association tout son sens, et toute sa légitimité. La voix (voie) interculturelle est toujours d’actualité. La mobilité rend possible une citoyenneté transnationale et doit être renforcée. Ceci en particulier pour favoriser l’insertion professionnelle et la participation des jeunes à la construction de notre futur.
De nouveaux dispositifs favorisant l’engagement des jeunes, comme le Service Civique, seront portés cette année. Un Etablissement franco-algérien pour la Jeunesse (EFAJ) est en chantier afin de fédérer les bonnes volontés pour la jeunesse française et algérienne.
L’utopie qui a fait naitre l’association est plus que jamais présente. Le Cefir a évolué avec les changements politiques, administratifs et sociétaux mais reste résolument un ambassadeur de la mobilité, et des échanges interculturels, au service du territoire dunkerquois et du Nord – Pas de Calais.

L’utopie qui a fait naitre l’association est plus que jamais présente.

Crédit photo © Nicolas Lalau


Radio Rencontre